| MASQUES,
FIGURES, APPARITIONS, PORTRAITS A
propos du travail présenté ici, commencé au milieu de l'année
2003, et qui se poursuit aujourd'hui, quelques indications peuvent être
utiles à la compréhension de son intention et de sa démarche.
EN
PREMIER LIEU, le médium : on a choisi un matériau exclusif,le carton
ondulé ; matériau banal, facile à trouver, mais qui à
lui seul impose de fortes contraintes techniques et esthétiques ! Par
préférence personnelle, on a adopté un langage plastique
excluant toute référence aux codes dominants. Si l'on veut trouver
des sources d'inspiration, elles seraient à rechercher plutôt du
côté des arts primitifs et populaires, du moins quant aux conditions
psychologiques et matérielles, (plutôt que sous l'aspect formel). |
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EN
SECOND LIEU, le choix du thème fondamental est celui du visage et
plus généralement de la "figure" de l'humain (ou para-humain).
Ce thème se réfère à une constante obsessionnelle
et récurrente de l'interrogation humaine (la question du "qui suis-je",
ou"qui ou que sommes-nous"...), et par voie de conséquence au
motif le plus universel et le plus intemporel de la représentation. Ces
sculptures en carton ont d'abord pris la forme de "masques".Puis elles
ont évolué vers des formes plus complexes (bustes,accessoires, animaux
etc...),en même temps qu'elles se diversifiaient en "familles",
"groupes ou tribus", et "rencontres" de personnages. |
Pn
peut parler à leur propos "d'apparitions",en raison de leur façon
de surgir, qui peut évoquer -de leur naissance à leur état
final- des "spectres" ou des "visions".
| ENFIN
et EN TROISIEME LIEU,le travail ne se limite pas à la réalisation
proprement dite. Il comporte aussi une phase seconde : d'élaboration, de
réflexion et "mise en jeu". Cet aspect de la recherche est important,
car il vise à dégager progressivement la cohérence, la signification
et les potentialités de l'ensemble de la production. Il s'agit alors d'une
sorte d'auto-commentaire sous la forme de textes, photographies,mises en espace,utilisations
diverses et le plus souvent imprévues... |
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Dans
cette phase,le rôle de l'"amateur-spectateur" est de très
grande importance. La "figure"en effet, dans le jeu de ses multiples
variations et métamorphoses, se prête bien à la fonction de
miroir. |

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Masques
et dérivés peuvent aussi êre appréhendés comme
des "portraits"spontanés et aléatoires,en somme "plus
vrais" que les portraits conventionnels. Ce feed-back interactif avec le
ou les destinataires est une des composantes du travail, car il peut agir à
chaque étape sur son orientation !
EN RESUME, on peut voir là une sorte d'expérience "auto-ethnographique".
L'objet de l'investigation n'est autre, en effet que l'imaginaire de l'auteur
! |
| Ceci
est sans doute vrai de la plupart des créations plastiques, mais ici l'intention
est explicitement revendiquée, et de ce fait elle induit une méthode
spécifique de dédoublement. L'importante conséquence qui
en résulte est "qu'en fin de compte", l'enjeu de l'expérience
est moins celui de l'expression d'une subjectivité personnelle que la recherche
d'un INSTRUMENT de MEDIATION des représentations collectives (notamment
en suscitant une appropriation particulière des objets révélant
ce qui peut rester caché en chacun de nous). |  |
 Bonjour
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Pour
clore brièvement,on insistera sur le CARACTERE EVOLUTIF de l'expérimentation.
Le "va-et-vient" dialectique entre les deux temps du travail,le lance
sur une trajectoire dont la logique, par définition, ne peut se "découvrir"
qu'au fil des réalisations effectives. Les
commentaires qu'on pourrait en faire ont forcément comme limite l'état
d'avancement actuel du travail,et l'on ne peut rien préjuger des directions
qu'il pourra prendre au-delà (tant en ce qui concerne la fabrication des
"objets", que de ce qui relève de leur "mise à l'épreuve
" réflexive et interactive). | Eric
Straw nov 2004 |